{"id":3215,"date":"2020-09-25T23:41:47","date_gmt":"2020-09-25T23:41:47","guid":{"rendered":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/?p=3215"},"modified":"2020-09-22T16:57:19","modified_gmt":"2020-09-22T16:57:19","slug":"scene-de-rencontre-flaubert","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/2020\/09\/25\/scene-de-rencontre-flaubert\/","title":{"rendered":"Sc\u00e8ne De Rencontre Flaubert"},"content":{"rendered":"<p>Contre-pied du premier chapitre, le chapitre suivant III, Int\u00e9rieur, femme lisant, Gistave Caillebote 1880 Un soir, les Bovary sont invit\u00e9s \u00e0 un bal extravagant tenant place \u00e0 la Vaubyessard, chez le Marquis dAndervilliers. Enfin, Emma entraper\u00e7oit une r\u00e9alit\u00e9 en accord avec ses r\u00eaves dune vie mondaine et le souvenir de cette soir\u00e9e la hante durant les jours dapr\u00e8s. Seule \u00e0 la campagne, elle r\u00eave de Paris, sennuie et d\u00e9prime, en songeant \u00e0 la pauvre monotonie de la vie de village en comparaison de ses brillants fantasmes. Cela lui p\u00e8se tellement quelle en devient malade, malgr\u00e9 la grossesse quon lui annonce. Dans lespoir de lui faire recouvrer la sant\u00e9, Charles d\u00e9cide alors de d\u00e9m\u00e9nager dans une autre ville, \u00e0 Yonville-LAbbaye. L\u00e0-bas, les \u00e9poux Bovary rencontrent L\u00e9on Dupuis, un clerc de notaire qui ressemble \u00e0 Emma : lui aussi sennuie, lui aussi r\u00eave au travers des romans romantiques. Ils y trouvent \u00e9galement Homais, un pharmacien loquace et pr\u00e9tentieux. Emma donne finalement naissance \u00e0 une fille, Berthe, ce qui la d\u00e9\u00e7oit : elle aurait voulu avoir un fils. Cela narrange en rien sa d\u00e9pression. Elle entretient une relation platonique et romantique avec L\u00e9on avant de se rendre compte de lamour quil lui porte. Elle culpabilise alors et commence \u00e0 tenir le r\u00f4le dune \u00e9pouse d\u00e9vou\u00e9e aupr\u00e8s de Charles. Ayant perdu espoir de ne jamais la poss\u00e9der, L\u00e9on d\u00e9cide quant \u00e0 lui de partir \u00e9tudier le droit \u00e0 Paris. Emma sen trouve \u00e9norm\u00e9ment affect\u00e9e par ce d\u00e9part. Peu de temps apr\u00e8s, alors quelle est \u00e0 une foire agricole, elle se laisse courtiser par Rodolphe Boulanger, un riche voisin quelle trouve tr\u00e8s beau. Commence alors une liaison passionn\u00e9e, \u00e0 propos de laquelle Emma est tr\u00e8s peu discr\u00e8te et dont tous les habitants sont bient\u00f4t au courant. Seul Charles demeure ignorant, aveugl\u00e9 par lamour quil porte \u00e0 Emma et pas aid\u00e9 par sa stupidit\u00e9. Lui-m\u00eame est soumis \u00e0 dautres probl\u00e8mes : sa r\u00e9putation professionnelle est entach\u00e9e lorsquil \u00e9choue dans lop\u00e9ration chirurgicale dun homme pied-bot et provoque une amputation par un confr\u00e8re. Emma est alors d\u00e9gout\u00e9e par lincomp\u00e9tence de son mari et ne sen donne que plus passionn\u00e9ment \u00e0 Rodolphe. Celui-ci, pourtant, la traite avec m\u00e9pris, malgr\u00e9 les cadeaux quelle lui offre et pour lesquels elle sendette, malgr\u00e9 ses projections de voyage et de fuite \u00e0 deux. Rodolphe est finalement vite lass\u00e9 des \u00e9lans dEmma et, apr\u00e8s avoir refus\u00e9 de senfuir avec elle, il la quitte. Emma ne le supporte pas et tombe \u00e0 nouveau malade, non sans envisager le suicide. Elle recouvre peu \u00e0 peu ses forces mais, au m\u00eame moment, Charles rencontre des difficult\u00e9s financi\u00e8res. Il a en effet d\u00fb emprunter de largent afin d\u00e9ponger les dettes contract\u00e9s par Emma ainsi que pour la soigner. Toujours \u00e9perdument amoureux, il lemm\u00e8ne n\u00e9anmoins \u00e0 lop\u00e9ra de Rouen. L\u00e0, ils rencontrent L\u00e9on. Emma est alors submerg\u00e9e par les vagues de lancienne romance et, \u00e0 cette suite, les deux d\u00e9butent une liaison. Emma fait ainsi toutes les semaines des voyages \u00e0 Rouen en accumulant des dettes aupr\u00e8s de Lheureux, un usurier qui lui pr\u00eate des sommes \u00e0 des taux dint\u00e9r\u00eats sur\u00e9valu\u00e9s. Comme lors de sa premi\u00e8re liaison, Emma se montre peu discr\u00e8te et plusieurs fois, son entourage manque de d\u00e9couvrir son infid\u00e9lit\u00e9. Mais le temps avan\u00e7ant, les deux amants se lassent lun de lautre. Emma ne sait pourtant pas comment le quitter et choisit de se faire de plus en plus exigeante. En parall\u00e8le, sa dette ayant monstrueusement enfl\u00e9e, Lheureux fait saisir ses biens. Elle est alors terrifi\u00e9e par lid\u00e9e que Charles puisse d\u00e9couvrir la situation et tente de r\u00e9unir largent qui lui faut en sollicitant tous les hommes daffaire quelle conna\u00eet, dont L\u00e9on. Elle essaie m\u00eame, aupr\u00e8s de Rodolphe, la prostitution. Mais, lorsque celui-ci refuse, elle d\u00e9cide de se suicider \u00e0 larsenic. Elle mourra dans datroces convulsions devant un Charles impuissant et incr\u00e9dule. Non! non! pas contre elle! s\u00e9cria Fr\u00e9d\u00e9ric ; et, c\u00e9dant aux questions de lancien clerc, il avoua la v\u00e9rit\u00e9. L\u00c9ducation sentimentale est un roman de Gustave Flaubert, paru en 1869. Lhistoire d\u00e9bute en 1840. Au d\u00e9but, Fr\u00e9d\u00e9ric Moreau, personnage principal, na que 18 ans. R\u00e9cemment bachelier, il quitte provisoirement Paris pour Nogent-sur-Seine, o\u00f9 il va retrouver sa m\u00e8re. Il fait le voyage en bateau bateau appel\u00e9 La Ville de Montereau sur la Seine. Cest sur ce bateau quil rencontre Madame Arnoux, une femme mari\u00e9e, m\u00e8re de deux enfants, plus \u00e2g\u00e9e que lui, dont il tombe \u00e9perdument amoureux au premier regard. D\u00e9sormais, il ne pensera plus qu\u00e0 elle. Revenu \u00e0 Paris pour y commencer des \u00e9tudes de droit, il na quune id\u00e9e : la revoir. Fr\u00e9d\u00e9ric est un jeune homme vell\u00e9itaire et r\u00eaveur. Rien de ce quil entreprend ou vit ne lint\u00e9resse vraiment : ni ses \u00e9tudes, ni ses amiti\u00e9s, ni ses aventures amoureuses, ni la situation politique parisienne.. Il a pourtant une assez haute id\u00e9e de lui-m\u00eame, comme le mentionne le narrateur dans lincipit : Fr\u00e9d\u00e9ric trouvait que le bonheur m\u00e9rit\u00e9 par lexcellence de son \u00e2me, tardait \u00e0 venir. Son d\u00e9senchantement progressif est aussi celui de toute une g\u00e9n\u00e9ration de jeunes gens romantiques. Dans ce passage du chapitre 5 de la premi\u00e8re partie, Fr\u00e9d\u00e9ric vient dapprendre labsence de Madame Arnoux qui est partie en province. Dailleurs, la nostalgie du boulevard commen\u00e7ait \u00e0 le prendre ; et puis sa m\u00e8re le pressait tellement, M. Roque tournait si bien autour de lui et Mlle Louise laimait si fort, quil ne pouvait rester plus longtemps sans se d\u00e9clarer. Il avait besoin de r\u00e9fl\u00e9chir, et jugerait mieux les choses dans l\u00e9loignement. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/0\/86\/76\/70\/20160609\/ob_db0a66_img-0001.jpg\" alt=\"sc\u00e8ne de rencontre flaubert\" align=\"right\"> amoureuse exceptionnelle parce quelle est rest\u00e9e platonique. Yeux lev\u00e9s. Tout \u00e0 coup, elle le repoussa avec un air  La parole humaine est comme un chaudron f\u00eal\u00e9 o\u00f9 nous battons des m\u00e9lodies \u00e0 faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les \u00e9toiles Les mots sont le plus souvent empathiques, intensifi\u00e9s par des adverbes tels que extr\u00eamement, fort, aussi et marqu\u00e9s par l\u00e9motion Danceny est complaisant, aimable ; Mme de R\u00eanal est remplie de gr\u00e2ce, intensifi\u00e9s. Les images m\u00e9lioratives souvent hyperboliques Danceny chante comme un ange, Emma ressent les fi\u00e8vres du bonheur et lamour jaillit avec des bouillonnements joyeux et labondance de termes affectifs r\u00e9v\u00e8lent le tumulte int\u00e9rieur des personnages. Son retour \u00e0 Paris et les embarras du jour de lan suspendirent un peu leurs entrevues. Quand il revint, il avait, dans les allures, quelque chose de plus hardi. Elle sortait \u00e0 chaque minute pour donner des ordres, et recevait, malgr\u00e9 ses pri\u00e8res, tous les bourgeois qui venaient la voir. On se livrait alors, \u00e0 des conversations sur L\u00e9otade, M. Guizot, le Pape, linsurrection de Palerme et le banquet du XIIe arrondissement lequel inspirait des inqui\u00e9tudes. Fr\u00e9d\u00e9ric se soulageait en d\u00e9blat\u00e9rant contre le Pouvoir ; car il souhaitait, comme Deslauriers, un bouleversement universel, tant il \u00e9tait maintenant aigri. Mme Arnoux, de son c\u00f4t\u00e9, devenait sombre. La plaine, boulevers\u00e9e, semblait de vagues ruines. Lenceinte des fortifications y faisait un renflement horizontal ; et, sur les trottoirs en terre qui bordaient la route, de petits arbres sans branches \u00e9taient d\u00e9fendus par des lattes h\u00e9riss\u00e9es de clous. Des \u00e9tablissements de produits chimiques alternaient avec des chantiers de marchands de bois. De hautes portes, comme il y en a dans les fermes, laissaient voir, par leurs battants entrouverts, lint\u00e9rieur dignobles cours pleines dimmondices, avec des flaques deau sale au milieu. De longs cabarets, couleur sang de b\u0153uf, portaient \u00e0 leur premier \u00e9tage, entre les fen\u00eatres, deux queues de billard en sautoir dans une couronne de fleurs peintes ; \u00e7\u00e0 et l\u00e0, une bicoque de pl\u00e2tre \u00e0 moiti\u00e9 construite \u00e9tait abandonn\u00e9e. Puis, la double ligne de maisons ne discontinua plus ; et, sur la nudit\u00e9 de leurs fa\u00e7ades, se d\u00e9tachait, de loin en loin, un gigantesque cigare de fer-blanc, pour indiquer un d\u00e9bit de tabac. Des enseignes de sage-femme repr\u00e9sentaient une matrone en bonnet, dodelinant un poupon dans une courtepointe garnie de dentelles. Des affiches couvraient langle des murs, et, aux trois quarts d\u00e9chir\u00e9es tremblaient au vent comme des guenilles. Des ouvriers en blouse passaient, et des haquets de brasseurs, des fourgons de blanchisseuses, des carrioles de bouchers ; une pluie fine tombait, il faisait froid, le ciel \u00e9tait p\u00e2le, mais deux yeux qui valaient pour lui le soleil resplendissaient derri\u00e8re la brume. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/flaubert.univ-rouen.fr\/images\/mb_bro4_102.jpg\" alt=\"sc\u00e8ne de rencontre flaubert\" align=\"right\">  Comment la description de la mort de lenfant illustre-t-elle linjustice et labsurde? Prends garde \u00e0 ses ailes! cria par la fen\u00eatre la D\u00e9bardeuse. Fr\u00e9d\u00e9ric eut un remords, et se montra plus assidu au journal. Si la publication du roman en 1857 fait date dans lhistoire du roman fran\u00e7ais, cest parce quil nob\u00e9it pas aux r\u00e8gles traditionnelles de la narration. Flaubert y affine notamment la technique de la variation, ou, usant de ce proc\u00e9d\u00e9 pour donner du r\u00e9el une vision, non pas unique et organis\u00e9e comme dans le r\u00e9cit balzacien o\u00f9 le narrateur est le d\u00e9tenteur de la v\u00e9rit\u00e9, mais multiple, mouvante, complexe et subjective. Cest cette technique qui permet au narrateur de g\u00e9n\u00e9raliser la d\u00e9rision, en particulier de montrer avec une telle acuit\u00e9 les illusions dEmma et la banalit\u00e9 de ses r\u00eaves et de d\u00e9noncer avec une ironie aussi mordante la m\u00e9diocrit\u00e9 et la suffisance des petits bourgeois provinciaux. Ah! les affiches! s\u00e9cria le marchand. Je ne suis pas pr\u00e8s de d\u00eener ce soir! Elle-m\u00eame, la Vatnaz! Mais jai peur de vous offenser <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/flaubert.univ-rouen.fr\/images\/colibri_bibliomanie02.jpg\" alt=\"sc\u00e8ne de rencontre flaubert\" align=\"center\"> Rosenwald les interrompit, en priant Mme Arnoux de chanter quelque chose. Il pr\u00e9luda, elle attendait ; ses l\u00e8vres sentrouvrirent, et un son pur, long, fil\u00e9, monta dans lair. Le passage est nimb\u00e9 de m\u00e9lancolie, de tristesse alors Cette d\u00e9votion instantan\u00e9e est dailleurs tellement exag\u00e9r\u00e9e quelle en devient ridicule : Fr\u00e9d\u00e9ric consid\u00e9rait son panier \u00e0 ouvrage avec \u00e9bahissement, comme une chose extraordinaire alors que bien entendu il nen est rien. Des champs moissonn\u00e9s se prolongeaient \u00e0 nen plus finir. Deux lignes darbres bordaient la route, les tas de cailloux se succ\u00e9daient ; et peu \u00e0 peu, Villeneuve-Saint-Georges, Ablon, Ch\u00e2tillon, Corbeil et les autres pays, tout son voyage lui revint \u00e0 la m\u00e9moire, dune fa\u00e7on si nette quil distinguait maintenant des d\u00e9tails nouveaux, des particularit\u00e9s plus intimes ; sous le dernier volant de sa robe, son pied passait dans une mince bottine en soie, de couleur marron ; la tente de coutil formait un large dais sur sa t\u00eate, et les petits glands rouges de la bordure tremblaient \u00e0 la brise, perp\u00e9tuellement. Scne du lac Madame Bovary ; III, 3 ou, durant la Tu \u00e9tais toujours absent! Ton suisse avait des allures myst\u00e9rieuses, je ne savais que penser ; et puis je ne voulais pas repara\u00eetre en vaincu.  Retirez dabord votre casserole! \u00e7a m\u00e9chauffe! et vous, l\u00e0-bas, votre t\u00eate de loup. Voulez-vous bien mob\u00e9ir, saprelotte Regardez donc mes \u00e9paulettes Je suis votre mar\u00e9chale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>sc\u00e8ne de rencontre flaubert<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3215"}],"collection":[{"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3215"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3215\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3216,"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3215\/revisions\/3216"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3215"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/orinocoflies.com\/data\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}