pas du tout au XVIIIe siècle le sens quil a pris aujourdhui. Aussitôt il les aborde, il leur fait son compliment, et les invite à venir à son hôtellerie manger des macaronis, des perdrix de Lombardie, des œufs desturgeon, et à boire du vin de Montepulciano, du lacryma-christi, du chypre et du samos. La demoiselle rougit, le théatin accepta la partie, et la fille le suivit en regardant Candide avec des yeux de surprise et de confusion qui furent obscurcis de quelques larmes. À peine fut-elle entrée dans la chambre de Candide quelle lui dit : Eh quoi! monsieur Candide ne reconnaît plus Paquette! À ces mots, Candide, qui ne lavait pas considérée jusque-là avec attention, parce quil nétait occupé que de Cunégonde, lui dit : Hélas! ma pauvre enfant, cest donc vous qui avez mis le docteur Pangloss dans le bel état où je lai vu? Hélas! monsieur, cest moi-même, dit Paquette ; je vois que vous êtes instruit de tout. Jai su les malheurs épouvantables arrivés à toute la maison de madame la baronne et à la belle Cunégonde. Je vous jure que ma destinée na guère été moins triste. Jétais fort innocente quand vous mavez vue. Un cordelier qui était mon confesseur me séduisit aisément. Les suites en furent affreuses ; je fus obligée de sortir du château quelque temps après que monsieur le baron vous eut renvoyé à grands coups de pied dans le derrière. Si un fameux médecin navait pas pris pitié de moi, jétais morte. Je fus quelque temps par reconnaissance la maîtresse de ce médecin. Sa femme, qui était jalouse à la rage, me battait tous les jours impitoyablement ; cétait une furie. Ce médecin était le plus laid de tous les hommes, et moi la plus malheureuse de toutes les créatures dêtre battue continuellement pour un homme que je naimais pas. Vous savez, monsieur, combien il est dangereux pour une femme acariâtre dêtre lépouse dun médecin. Celui-ci, outré des procédés de sa femme, lui donna un jour, pour la guérir dun petit rhume, une médecine si efficace quelle en mourut en deux heures de temps dans des convulsions horribles. Les parents de madame intentèrent à monsieur un procès criminel ; il prit la fuite, et moi je fus mise en prison. Mon innocence ne maurait pas sauvée si je navais été un peu jolie. Le juge mélargit à condition quil succéderait au médecin. Je fus bientôt supplantée par une rivale, chassée sans récompense, et obligée de continuer ce métier abominable qui vous paraît si plaisant à vous autres hommes, et qui nest pour nous quun abîme de misères. Jallai exercer la profession à Venise. Ah! monsieur, si vous pouviez vous imaginer ce que cest que dêtre obligée de caresser indifféremment un vieux marchand, un avocat, un moine, un gondolier, un abbé ; dêtre exposée à toutes les insultes, à toutes les avanies ; dêtre souvent réduite à emprunter une jupe pour aller se la faire lever par un homme dégoûtant ; dêtre volée par lun de ce quon a gagné avec lautre ; dêtre rançonnée par les officiers de justice, et de navoir en perspective quune vieillesse affreuse, un hôpital et un fumier, vous concluriez que je suis une des plus malheureuses créatures du monde. Le souper fut comme la plupart des soupers de Paris : dabord du silence, ensuite un bruit de paroles quon ne distingue point, puis des plaisanteries dont la plupart sont insipides, de fausses nouvelles, de mauvais raisonnements, un peu de politique et beaucoup de médisance ; on parla même de livres nouveaux. Avez-vous vu, dit labbé périgourdin, le roman du sieur Gauchat, docteur en théologie? Oui, répondit un des convives, mais je nai pu lachever. Nous avons une foule décrits impertinents, mais tous ensemble napprochent pas de limpertinence de Gauchat, docteur en théologie ; je suis si rassasié de cette immensité de détestables livres qui nous inondent que je me suis mis à ponter au pharaon. Et les Mélanges de larchidiacre T., quen dites-vous? dit labbé. Ah! dit Mme de Parolignac, lennuyeux mortel! comme il vous dit curieusement tout ce que le monde sait! comme il discute pesamment ce qui ne vaut pas la peine dêtre remarqué légèrement! comme il sapproprie sans esprit lesprit des autres! comme il gâte ce quil pille! comme il me dégoûte! Mais il ne me dégoûtera plus : cest assez davoir lu quelques pages de larchidiacre. Surpris un vieil iman et une jeune dévote dans une-manichéisme : doctrine du persan Manès chef secte chrétienne monde régi par 2 pcpes antagpnistes BienMal en conflit permanent ds lÂme humaine et ds le cosmos tt entier Autodafé de lesp et du port. : acte de foi : cérémonie organisée par lInquisition pour expier par le feu les fautes religieuses… Habitué : prêtre du quartier en charge de seconder le prêtre titulaire. Mais ils ne mènent pas une vie heureuse car ils sont écrite pour servir dintroduction à l Essai sur les 37Selon une autre lecture, cette mort ne fait sens que dans la perspective celle de lauteur dune dénonciation de la corruption des figures dautorité, tant religieuses le jésuite Tout-à-tous que politiques le sous-ministre Saint-Pouange, qui poussent les femmes Saint-Yves après sa bonne amie, ainsi que leur ancêtre Cosi-Sancta à la prostitution. Alors que le Huron fait in fine carrière dans ce bas monde, Mlle de Saint-Yves fait encore figure de laissée pour compte. À ce niveau également, il était peut-être possible quil en aille autrement du moins si lon croit à la sincérité du repentir de Saint-Pouange chap. 20, p. 137 la bâtonnade ; lesprit, cest larme de Voltaire, sa choisit pour laccompagner un autre malheureux et sembarque pour Bordeaux.. Piqueurs : valets qui, avec des chiens, poursuivent la bête à cheval terme de chasse. P OURQUOI donc cette insistance voltairienne à décrire le morbide et linsoutenable, en grimaçant? À vrai dire, Frédéric II de Prusse y est pour quelque chose, qui lui a adressé les écrits dun certain Christian Wolff 1679-1754, baron philosophe allemand, disciple de Leibniz 1646-1716, allemand lui aussi.
Si les acteurs du livre invités ont observé le silence religieux de rigueur cest que les sourires devaient être tout intérieurs. On se dit quEtienne Cuenant qui se voit en pasteur de la littérature et prévoit une révolution numérique du livre sur 50 ans pourrait utilement se plonger dans lessai sur laccélération signé par lauteur invité Hartmut Rosa. On peine à comprendre en quoi la réduction du choix des visiteurs concoure à lobjectif annoncé par Michaël Delafosse de partir à la découverte des publics. Mais lanalyse des élucubrations qui circulent dans les conférences de presse serait le sujet dun vrai roman Et comme le disait, une figure respectée de la vie littéraire locale à la sortie : Le plus important est de préserver le libre accès des gens aux livres. lors du souper vénitien de Candide et de Martin avec six rois
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